Mise sur le marché des médicaments importés

12 pays africains renforcent leurs capacités d’évaluation à Dakar

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, de nombreux pays africains ne disposent pas d’une capacité suffisante pour effectuer les évaluations des données fournies par les fabricants de produits pharmaceutiques lors des procédures de demande d'autorisation de mise sur le marché des médicaments. Pour remédier à cette insuffisance, un atelier continental regroupe les responsables de 12 pays africains du 25 au 29 avril 2016 à Dakar, en atelier  portant sur le « Renforcement de système national de règlementation des médicaments ». 

Des représentants des Autorités nationales de réglementation du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la Guinée, du Niger, du Togo, du Mali, du Cap-Vert, du Cameroun, du Congo, de la RDC, du Burundi et de Madagascar sont entrés en conclave pendant 5 jours dans le but de renforcer leurs capacités en réglementation pharmaceutique.

La cérémonie d’ouverture de ce séminaire qui ouvre de nouvelles perspectives dans la commercialisation en Afrique des produits pharmaceutiques importés, a réuni plusieurs sommités de la gestion des médicaments à l’hôtel « Le Ndiambour de Dakar ». Dont les représentants de l’OMS à Génève, en Afrique et à Dakar, la délégation de l’Union Européenne  et du Dr Pape Amadou Diack directeur général de la santé. Il reviendra d’ailleurs à ce dernier de souhaiter la bienvenue aux autorités sanitaires nationales des pays africains, professeurs d’universités et experts de l’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé.   

« Augmenter les capacités techniques des autorités nationales de réglementation en vue de l’octroi des autorisations de mise sur le marché et pour faciliter l’harmonisation des pratiques en Afrique et dans le monde, objectif ne pouvait être plus pertinent et témoigner de la clairvoyance des organisateurs. »  a déclaré le  porte parole du ministre de la santé et de la prévention  à l’adresse des initiateurs de l’Organisation mondiale de la santé. Ainsi, a t-il poursuivi, les thèmes inscrits dans ce premier module permettront aux participants de maitriser davantage les modèles de soumission. L’enjeu de la vente des médicaments en Afrique est de taille si l’on se fie  aux réponses du Pr Mamadou Moustapha Dièye directeur de la pharmacie et du médicament. Ainsi que rien que dans notre pays, le marché est estimé à plus 100 milliards de nos francs  et suscitent tous les appétits. A l’échelle mondiale tout un trafic tente en permanence d’infiltrer les marchés nationaux proposant des produits contrefaits ou à la qualité douteuse.  C’est pourquoi conseille –t-il, même en cas de rupture du stock national, les pharmacies et autres dépôts ne doivent pas s’approvisionner sur le marché parallèle dont l’authenticité des médicaments génériques. N’est pas garantie.

PLAIDOYER POUR LE FINANCEMENT DE LA SANTE

Explorer les potentialités du secteur privé

« Le deuxième pilier du Sénégal émergent est le capital humain. Et investir sur la santé c’est investir sur le capital humain. ET si nous voulons réussir cette émergence que tout le monde souhaite il faut que les sénégalais soient en bonne santé et soient indemnes de sida ou ceux qui ont le sida puissent vivre dignement. » Mme Safiétou Thiam secrétaire général du comité national de lutte conte le sida (CNLS) a introduit par ces propos la réunion des partenaires de la santé pour un plaidoyer sur le financement de la santé. Le secteur privé y a été interpelé en priorité dans la recherche de ressources additionnelles.

Les ressources actuellement dédiées au financement de la santé sont en deçà des besoins ressentis et exprimés. Alors que dans l’ère post 2015 des ressources importantes seront nécessaires pour maintenir les acquis  dans le domaine de la santé notamment dans la lutte contre le sida. Pour explorer d’autres pistes de financement alternatifs, l’Alliance nationale de lutte contre le Sida (ANCS) en collaboration avec les autres organisations de la société civile ont initié une campagne nationale pour l’accroissement des ressources domestiques à investir dans la santé notamment contre le VIH sida. Occasion saisie pour le secrétaire exécutif du CNLS pour ’interpeller l’Etat à davantage de moyens. 

Ce plaidoyer pour un accroissement du financement domestique (mécènes, taxes…). sont les objectifs visés par la rencontre tenue hier à Dakar par les acteurs de la société civile en l’occurrence l’Alliance nationale contre le Sida (Ancs), Africaso, World Aides Compaign. S’exprimant sur cette question, Maguette Mbodji présidente de l’ANCS a laissé entendre que ces 10 dernières années ont connu des évolutions dans l’atteinte de résultats dans la lutte contre les maladies telles que le Sida, le paludisme et la tuberculose. Et face à ces résultats encourageants, les acteurs de la société civile plaident la priorité de financement par les partenaires de développement. « En tant que société civile nous sentons une peur parce que si nous nous ne prenons pas garde nous allons perdre tous nos acquis enregistrés ces dix dernières années » a-t-elle avancé pour dégager la nécessité  d’un financement alternatif, La société civile s’est engagée à mobiliser des ressources pour ainsi combler les gaps constatés notamment dans le financement contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.  Une feuille de route sera élaborée pour servir de canevas de mobilisation des ressources domestiques à cours et moyen termes.

Safiétou Thiam, secrétaire général du CNLS interrogée en marge de la cérémonie  d’ouverture qu’elle a présidée a soutenu que le monde est dans une phase importante dans la lutte contre le sida et les autres maladies. Ses objectifs ambitieux  nécessitent toutefois beaucoup de financement alors que l’apport des bailleurs extérieurs se rétrécit à cause de la crise des pays donateurs. Safiétou Thiam pense qu’il existe des financements innovants qu’il faut explorer. En direction de l’Etat, elle dira que même s’il fait déjà beaucoup d’efforts, il peut encore mieux faire dans le financement de la santé. Le secrétaire général du CNLS soutient également qu’il y a beaucoup d’opportunité au niveau du secteur privé. « Il faut le mobiliser, faire un plaidoyer convaincant en direction du secteur privé en leur montrant l’importance du retour du taux d’investissement sur la santé dont le sida. Nous savons qu’il y a beaucoup d’opportunité au niveau du secteur privé et il faut le mobiliser, faire un plaidoyer  convaincant en leur direction en leur montrant le retour du taux d’investissement dans l’importance d’investir sur la santé dont le Sida. A coté de ces deux secteurs que je viens de citer il y a tous les mécanismes de financement innovent qu’il faut également explorer. Donc il y a énormément de potentialité. Je salue aujourd’hui cette initiative de la Société civile qui a commencé la réflexion pour trouver ces niches de financement et les proposer au gouvernement.

Parlant du cas du Sénégal  qui malgré ses bons résultats semble être le meilleur de la classe qui écope d’une sanction inopportune, Mme Thiam d’ajouter « Je pense que ce n’est pas une bonne stratégie pour les bailleurs de concentrer les financements dans les pays seulement à forte prévalence épidémiologique. Donc il est important de travailler aussi avec les pays qui ont fait de très bons résultats. Ces derniers ont des expériences et leurs acquis peuvent les autres. »

La représentante du Fonds mondial a pour sa part rappelé qu’il est important que le Sénégal travaille à réaliser les promesses faites par les chefs d’Etat à Abudja en allouant au secteur de la santé 15 % de son budget. Par ailleurs a-t-elle fait noter, en termes de technologie et de moyens d’intervention, les opportunités qui permettent aujourd’hui de mettre sous traitement les personnes n’existaient pas il y a 10 ans. 

Sidy Mohamed NDIAYE