Deuxième congrès de la société africaine de médecine

Les internes africains en conclave de trois jours 

Pendant trois jours,  la seconde édition des assises de la société africaine de Médecine  réunira les médecins africains internes des hôpitaux autour de la problématique de la prise en charge des maladies de système comme thème central avec les sous-thèmes :risque cardio-vasculaire dans la prise en charge des Maladies chroniques, grandes infections : nouveaux visages et prise en charge de la ménopause. 138 communications dont 48 par des médecins béninois, burkinabés, ivoiriens, gabonais, maliens, nigériens et togolais seront enregistrées à travers 15 sessions.

Autant dire que toute la pratique médicale à travers les hôpitaux du sud du Sahara qui seront passés en revue par les acteurs de la médecine interne. Lors de la cérémonie d’ouverture de ces importantes assises scientifiques présidées par Eva Marie Colle Seck ministre de la santé et de l’action sociale, l’enjeu  de cette rencontre a été bien dégagé  par le professeur Mamadou Mortala Kâ  président du congrès qui a tenu à restituer cet évènement majeur dans le contexte africain.« Trop d’errances diagnostiques sont encore vécues par les patients et constatées à postériori dans les hôpitaux. Des explorations paracliniques sont encore effectuées de façon inopportune. Trop,  de dépenses inutiles grèvent encore les budgets des ménages et des structures d’assurance et autres mutuelles de prise en charge. » Selon le président du congrés, ces revers sont hélas liés à la pratique d’un raisonnement médical parcellaire et biaisé par  des connaissances pointues imposées par la surspécialisation, la non prise en compte habituelle du patient dans sa globalité ou simplement par le manque de maitrise de la démarche diagnostique. Pour revenir aux fondamentaux, les sociétés nationales de médecine interne et la société africaine de médecine interne ont de grands rôles à jouer,  a-t-il  fait remarquer. Ainsi les maladies  complexes et de diagnostic difficile qui relèvent des compétences de l’interniste doivent faire l’objet de discussions entre spécialistes multidisciplinaires.

Présidente de la société sénégalaise de médecine interne et présidente d’honneur de la SAMI, le professeur Thérèse Moreira Diop a de son côté magnifié la tenue des assises de Dakar et lancé un appel aux autorités étatiques pour la résolution des problèmes que rencontrent les internistes et qu’elle a résumés à deux niveaux. D’abord renforcer l’effectif des internes en multipliant la formation par des bourses spécifiques et appliquer le tronc commun de 2 ans en médecine interne dans toutes les spécialités.

Quant au président de la société africaine de médecine interne le Pr NiamkeyEzani, il a mis en  exergue toute la nécessité d’échanges interdisciplinaires entre spécialistes et adressé ses remerciements à tout le corps médical africain dont les ainés avaient vivement encouragé la création de cette société qui vient combler un g(rand vide dans la cadre des politiques sanitaires africaines. 

En effet, après une longue gestation, dont les trois dernières années ont été les plus déterminantes, la société africaine de médecine  est devenue cette réalité saluée par tous les professionnels de la santé  en tant que  cadre d’échanges des différentes expériences cliniques. Pour le congrès de Dakar qui prendra fin samedi, ce partage de la pratique est étendu aux pathologies auto immunes, les pathologies systémiques, rhumatismales et vasculaires, les grandes infections, le VIH sida,  le diabète et les problèmes métaboliques, les pathologies digestives, nutritionnelles, gériatriques  et endocriniennes et tous les motifs de santé publique, de qualité de vie et de médecine légale.

S.M.N