Pour réduire l’ampleur des malades démunis qui assiègent les services sociaux des hôpitaux

Des randonneurs invitent à la tenue d’une journée de solidarité nationale 

Plusieurs centaines de  personnes, dans l’impossibilité de faire face aux médicaux, sont inscrites au service social de l’hôpital de Fann pour leur prise en charge sanitaire. Face à cette situation, les responsables des services sociaux de cette structure sanitaire ont organisé hier une randonnée pédestre pour alerter les pouvoirs publics sur leurs cas. Occasion qu’ils ont saisie, pour exhorter les autorités à organiser annuellement une journée de solidarité nationale en appui aux malades démunis.

Face à des soins jugés onéreux, plusieurs malades démunis sont obligés de solliciter les différents services sociaux des structures sanitaires du pays. Et au Centre hospitalier universitaire de Fann, la situation dépasse l’entendement et ne cesse d’inquiéter les travailleurs qui  ont organisé une randonnée pédestre hier afin d’alerter les pouvoirs publics sur cette problématique. Démarrée à 9 heures 30mn, la procession encadrée par les forces de sécurité a regroupé le personnel de l’hôpital, l’association des randonneurs du littoral, l’association des malades du cœur (Cœurs solidaires) et autres acteurs sportifs. De l’avenue Cheikh Anta Diop, Avenue Bourguiba, la Sicap Rue 10, en passant par la route menant à la direction des statistiques et  le Coud les randonneurs avec banderoles, képis et teeshirts ont exprimé la  souffrance et l’angoisse  des malades qui n’arrivent pas à se prendre en charge. Et c’est sous les coups de 12 heures qu’ils sont arrivés à leur point de départ devant l’hôpital de Fann où des étirements et relaxations ont clôturé la marche. C’est par la suite qu’ils ont fait valoir tout leur engagement afin que des solutions soient trouvées face à l’urgence de  cette question. De l’avis de Mme Thioune coordonnatrice de la randonnée, plus de 200 personnes attendent une intervention chirurgicale et 135 malades espèrent subir une opération neurochirurgicale  ont leurs dossiers en instance au service social de l’hôpital de Fann. Sans compter les autres traitements dont le scanner et les soins. La chef du service social de l’hôpital de Fann d’avancer que les coûts des prises en charge varient de 200 000 Cfa à 2 millions Cfa. Face à cette forte demande et l’ampleur des besoins financiers, les randonneurs ont vivement interpellé les autorités publiques pour inviter l’état à instituer une journée nationale de solidarité et maximiser le plus possible la sollicitation à l’échelle nationale

Le chef du service social de l’hôpital Albert Royer argumente dans le même sens  en soutenant qu’ils sont constamment sollicités pour les enfants malades.  Mansour Dieng de penser aussi qu’une journée de solidarité sur l’ensemble du territoire en y impliquant les partenaires et les sénégalais vivant à l’étranger devrait permettre de récolter le maximum d’argent pour accompagner les hôpitaux dans la prise en charge des cas sociaux. Ce dernier de faire savoir que le droit à la santé doit être garanti par l’Etat et celui qui n’a pas les moyens devrait être pris en charge. Hélas,  c’est tout le contraire. Car les services sociaux très sollicités peinent à assurer à tous les nécessiteux les ordonnances, examens, radios, IRM et hospitalisations.

POUR VAINCRE LA MENDICITE FORCEE DES ENFANTS

Une grande coalition de la société civile en gestation 
Au Sénégal, hélas, contre la morale sociale et la loi, malgré les drames multiples qui se sont succédé et  contre  toutes les dénonciations, la mendicité forcée des enfants perdure sous nos cieux défiant la religion, la société  et reniant toute civilisation.   Face à l’impuissance des pouvoirs publics pour endiguer le phénomène, seule une réaction énergique et concertée de la société civile pourrait contrer le trafic et l’exploitation forcée des enfants mendiants. Cette alternative semble maintenant prendre de plus en plus forme si l’on se réfère au dernier atelier tenu à Dakar sous le leadership de Save The Children, Organisation internationale non gouvernementale présente dans 120 pays à travers le monde et 10 en Afrique de l’ouest et dont la vocation est de mettre partout  l’enfant hors de toute sorte de situation dangereuse. 
Après avoir fait plusieurs fois le tour du monde et livré ses multiples facettes scandaleuses, le spectacle choquant des enfants talibés qui mendient dans les rues de Dakar et de partout à travers le pays continue de matraquer le quotidien de tous les passants interpellés. Le pot crasseux sur la main gauche, ils vous accrochent partout et tendent avec insistance la main droite d’un regard impersonnel dans la quête financière au profit de soi-disant marabouts généralement issus des régions Nord (Saint Louis – Matam),  Sud (Kolda – Ziguichor) et  Sud-est (Tamba – Kédougou). 
Les talibés mendiants utilisés dans cette exploitation inique et insidieuse sont loin d’être de véritables talibés dans le sens strict du terme. Dans tous les coins et recoins de la banlieue notamment, ils essaiment dans des constructions inachevées, des taudis  non repérables et autres logements de fortune, exposés à toutes les maladies, insécurité, maltraitance et déviations sociales. Contre la suspension non déclarée d’une loi interdisant la pratique, le phénomène, exempt d’impunité a même pris une nouvelle ampleur. Le business ayant ainsi évolué, c’est une nouvelle vague qui a essaimé à Dakar ces dernières années provenant des pays limitrophes, notamment de la  Gambie et de la  Guinée Bissau, mais aussi du Nord, du Sud et du Sud Est de notre pays. Les derniers recensements établissement cette population enfantine en danger à plusieurs dizaines de milliers squattant les rues jusque tard dans la nuit. 

RESPONSABILITE  DE L’ETAT ET DES COLLECTIVITES LOCALES

Dés lors quelle stratégie pour enrayer ce lit de mauvais traitement, d’exposition à toutes pathologies et de rampe sociale à la délinquance,  voire d’un terrorisme rampant dans la région? M. Diallo responsable du plaidoyer à Save the Children s’est exprimé sur la question  à l’issue d’un atelier conjoint de trois jours organisé récemment au Casino de Dakar en relations avec plusieurs partenaires organisationnels. 
Après évaluation et analyse de la problématique aujourd’hui posée avec acuité par toutes les sphères de protection de l’enfance,  le représentant de Save The Children a d’abord déploré l’amalgame entretenu sciemment par ceux qui exploitent les enfants sous le couvert de l’enseignement coranique. Dans la réalité, a-t-il ajouté, ces supposés apprenants sont exclus de toute forme d’enseignement contrairement aux véritables daaras qui inculquent une éducation de base islamique et citoyenne depuis de nombreuses générations. 

Contre cet état de faits inacceptable, M. Diallo révèle qu’une grande coalition de la société civile alliée aux partenaires internationaux s’est constituée pour y faire face et a mobilisé tous les acteurs nationaux pour dérouler des projets et des programmes d’appui afin d’éradiquer ce phénomène  anachronique à l’orée du 21ème siècle.

La responsabilité  de l’état par l’application de la loi et des collectivités locales à travers le contrôle des daaras, reste  toutefois déterminante dans la recherche de ces objectifs. La mairie de la Médina, qui s’est illustrée récemment par des décisions énergiques vient de donner l’exemple après déploré, il y’a quelques années, le drame des 9 enfants qui ont péri dans l’incendie de la masure qui abritait le daara. Et  le responsable du plaidoyer à Save The Children de réitérer la détermination et l’engagement de leur coalition par les stratégies affinées pendant trois jours de conclave : « Certes, il y’a beaucoup de choses à faire. Beaucoup de choses aussi resteront à faire… » A-t-il conclu sans toutefois entrevoir un échéancier dans l’objectif d’élimination de la mendicité forcée des enfants. Sauf si l’état en manifeste la volonté en faisant appliquer  la loi votée à cet effet.

S.M.N.