Au Sénégal il n’y a pas encore de loi spécifique sur la vaccination contre les maladies contagieuses. Par contre des démarches sont en train d’être initiées pour aboutir à une législation sur la vaccination afin d’assurer la sécurité immunitaire des populations contre certains fléaux dont la poliomyélite. Le Dr Mamadou Badiane coordinateur du programme élargi de vaccination(Pev) au ministère de la santé et de l’action sociale qui a répondu aux nombreuses questions des journalistes lors d’une rencontre d’informations sur la prochaine campagne de vaccination contre la poliomyélite a situé tout l’enjeu que représente cette dernière offensive contre cette maladie handicapante.
L’absence d’une loi contraignante pour les vaccinations contre les maladies à éradiquer explique les réticences non justifiées et autres attitudes négatives lorsqu’il s’agit de bouter une maladie comme la poliomyélite. C’est en reconnaissant les limites de la législation que des démarches sont engagées et pourraient aboutir à l’adoption d’une loi s’appliquant à toutes les cibles des vaccinations. Le Dr Ousseynou Badiane en introduisant la séance d’information sur la campagne de vaccination contre la polio chez les enfants de moins de 5 ans prévue du 10 au 12 avril prochain sur toute l’étendue du territoire national, a partagé avec la presse toutes ses préoccupations.
Ainsi pour cette dernière campagne sensée éradiquer simultanément le virus de la polio à travers 13 pays, le Sénégal a élaboré sa stratégie afin de toucher au moins 95% des enfants selon les objectifs impartis par l’OMS. Ainsi à côté du maillage territorial, tous les districts de santé seront mobilisés pour la réussite de cette opération visant à éliminer complétement la polio en Afrique. Mais quelques doutes ne sont pas à écarter si l’on se réfère au bilan de la dernière campagne qui a révélé des poches de refus et d’opposition par des arguments fallacieux. Interpellé sur ces comportements, le Dr Ousseynou Badiane a tenu à confirmer qu’il n’existe pas encore au Sénégal les moyens juridiques de contraindre les cibles à se conformer aux programmes. Toutefois, le Dr Badiane a laissé entendre que les autorités sont en train d’entamer des démarches dans ce sens contre les parents réticents afin de garantir la vaccination des et exécuter le financement qui lui est destiné au niveau du pays. Selon toujours le médecin le refus des parents est toujours lié par un manque d’information. « Je ne crois pas un parent accepte volontairement de ne pas protéger son enfants » a fait remarquer le responsable. Le directeur du Sneips d’aller dans le même sens en fustigeant les croyances dépassées ou arguments religieux surannés. Le Dr Aloise d’ajouter que certaines personnes sont sceptiques face à une offre médicale gratuite.
Cette campagne qui va se dérouler au Sénégal du 10 au 12 avril en synchronisation avec 13 autres pays de la sous-région cible les enfants de 0 à 5 ans et concerne environ 3 millions d’enfants au Sénégal.
Sidy Mohamed NDIAYE

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