Abolition des mutilations génitales féminines (MGF)

Une délégation gambienne à l’école de l’expérience sénégalaise

Dans le monde, plus de 130 millions de filles et de femmes sont victimes des mutilations génitales féminines. Chaque année, environ 3 millions de filles dans le monde sont excisées. Le Programme conjoint UNFPA-UNICEF portant sur l’abolition de cette pratique a organisé des échanges entre le Sénégal et la Gambie qui vient d’adopter une loi interdisant la pratique de l’excision des filles  en décembre 2015.  

Selon l'Enquête Démographique de Santé de 2013, la prévalence des mutilations génitales féminines est de 74,9%  dans ce pays  alors qu’au Sénégal, chez les adolescentes de moins de 14 ans, la prévalence de l’excision est passée de 18%  à 13% entre 2013 et 2014. Depuis le début de la mise en œuvre en 2009 du programme conjoint UNFPA / UNICEF pour l’accélération de l'abandon de l’excision, un total de 1015 communautés en Gambie ont publiquement déclaré abandonner cette pratique ancestrale. Par contre, au Sénégal en 2015, 6176 communautés ont rejoint les rangs de  l’abolition contre 5 934 en 2014. Cette évolution a hautement interpellé les autorités gambiennes qui viennent de dépêcher une mission composée de représentants du Gouvernement, de la société civile, de l’UNICEF et de l’UNFPA pour un séjour d’étude au Sénégal du 28 avril au 3 Mai 2016. L’objectif de cette mission  étant d’apprendre du Sénégal les voies et moyens à déployer pour amener les communautés gambiennes à abandonner la pratique des mutilations génitales féminines.  

Les membres de la mission, dont les représentants du ministère de la santé, du Bureau du Vice-président, du Bureau des femmes, du secrétariat de la Commission nationale de la population et de la chambre du Procureur Général ont discuté avec leurs homologues sénégalais des stratégies d’interventions mises en œuvre dans le cadre du Plan d’Action national pour l’accélération de l’abandon de l’excision au Sénégal.   

La mission Gambienne s’est hautement imprégnée de l’approche multisectorielle basée sur les droits humains et le renforcement des capacités des communautés, des prestataires de santé et des relais techniques. Auprès de leurs homologues  sénégalais dont les représentants de la  Direction de la Famille, du  ministère de la justice et du programme conjoint UNFPA-UNICEF, ils ont bénéficié de comptes rendus exhaustifs sur la mobilisation sociale, le plaidoyer pour lever les obstacles religieux et traditionnalistes et sanitaires. Il s’agit surtout après la récente promulgation de la loi abolissant l’excision dans ce pays de mener avec le partenariat de la société civile et des jeunes, une large campagne de sa vulgarisation en mettant l’accent sur les pénalités encourues par les contrevenants. 
A l’issue de la visite de travail, un atelier organisé au Centre d’Information des Nations Unis (CINU) a réuni les membres de la mission gambienne et leurs partenaires du Sénégal pour identifier des axes de coopération transfrontalière dans cette lutte commune. 

Les échanges coordonnés par les Pr Moussa Diop et Ndèye Niang chargés de la communication ont permis d’aplanir toutes les appréhensions des deux parties et d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’éradication de cette pratique anachronique. 

Sidy Mohamed NDIAYE