Quelques 800 millions de dollars du Fonds mondial pour la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose qui doivent être absorbés dans la sous région africaine dans 18 mois. A défaut, ces ressources disponibles et sous utilisées seront transférées dans d’autres pays. C’est la grosse révélation ressortie d’une rencontre régionale sur le financement du fonds mondial lors d’une rencontre organisée hier par le gouvernement du Sénégal en partenariat avec le fonds mondial de lutte contre ces trois pandémies.
Plus d’une dizaine de pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et du Centre qui bénéficient des subventions du Fonds Mondial sont en conclave depuis hier à Dakar jusqu’au jeudi prochain. En effet lors de l’ouverture de cette rencontre, la problématique de l’absorption des fonds alloués aux pays pour la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose a été au centre des débats. Une question identifiée par les partenaires et qui risque d’avoir des conséquences sur la santé des populations. Au total selon une des responsables du Fonds mondial en Afrique de l’Ouest et du Moyen Orient qui s’expliquait en marge de la rencontre, seule une moyenne de 37 à 39% d’absorption des fonds a été exécutée. Un taux qui dévoile le retard des programmes qui doivent être mis en œuvre et, selon toujours les responsables du Fonds mondial, les goulots d’étranglement au niveau de certains pays. Il s’agit surtout des systèmes de santé qui ne sont pas performants, la passation des marchés, les lourdeurs administratives, l’insécurité et autres aspects qui ont été listés. Daouda Diouf, le directeur Enda SANTE a fustigé ce retard d’absorption du financement dans la sous région alors que l’argent est disponible au moment où les populations en ont le plus besoin. D’autres participants à la rencontre estiment que les responsabilités doivent être partagées à différents niveaux. Des gouvernements en premier lieu, la société civile tout comme les partenaires techniques et financiers. Autant d’arguments avancés pour certains qui pensent que la rencontre de Dakar devrait permettre de définir des actions conjointes régionales capables de permettre aux pays de la sous région d’absorber dans les 18 mois les ressources qui leurs sont dédiées et de prétendre aux prochains modules.
Le Pr Eva Marie COll Seck ministre de la Santé et de l’Action sociale qui présidait la cérémonie d’ouverture a également axé son discours sur les gaps programmatiques au niveau régional pour les trois maladies mais l’opportunité est là pour les pays de s’accorder sur les actions régionales afin d’atteindre les objectifs ambitieux. « Il reste beaucoup à faire et nous avons très peu de temps (18 mois avant la nouvelle allocution) conclut le ministre qui insiste surtout à ce que des corrections soient apportées.
La responsable du portefeuille du fonds mondial au Sénégal a également confié que notre pays a reçu 65 millions d’euros pour les trois maladies et le système de santé. Un pays qui doit continuer son expertise et renforcer le partenariat pour une meilleure planification des actions sur les populations qui en ont besoin note enfin la responsable du fonds mondial au Sénégal.
Cheikh Tidiane MBENGUE
avec Sudonline

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