Au Sénégal, 2000 cas de grossesses ont été dénombrés en 2014 en milieu scolaire sur les filles âgées entre 12 et 14 ans, 3600 cas de viol occasionnant plus de 1630 décès enregistrés par année. Ces chiffres intolérables ont poussé des organisations internationales à appuyer les pouvoirs publics en mettant en branle des stratégies pour réduire la prévalence d’au moins 25 %. L’élaboration de cette contre offensive a fait l’objet qu’une journée de réflexion organisée ce weekend au Centre Jacques Chirac de Pikine.
La multiplication des grossesses en milieu scolaire est devenue une préoccupation majeure dans le milieu de l’éducation et notamment dans les régions de Kolda, Fatick et Dakar. Pour éradiquer ce phénomène révoltant à plus d’un titre, un programme financé par des partenaires internationaux du Sénégal tentent d’intervenir actuellement dans 15 écoles du pays notamment qui ont connu le plus de victimes. Réunissant les autorités administratives et académiques locales ainsi que les parents d’élèves, une journée de réflexion et de partage s’est tenue le samedi dernier à Pikine.
Selon le directeur du centre Jacques Chirac, il y a urgence à agir surtout que les chiffres de 2014 ont révélé que 2 000 élèves de la tranche d’âge comprise entre 12 et 16 ans sont tombées enceintes et 3 600 cas de viol constatés toujours en milieu scolaire. L’autre constatation amère de la part des éducateurs sont que ces grossesses non désirées ont occasionnés la mort de 1630 filles au Sénégal. Et le directeur du centre de hausser le ton pour dénoncer la gravité de ces grossesses qui non seulement humilient les parents et toute la famille de l’élève, mais expose cette dernière aux tentatives d’avortement clandestin avec tous les risques qui pèsent sur leur vie. Enumérant les causes de ces grossesses non désirées, Cheikh Guèye de décrier d’abord l’environnement des établissements scolaires souvent exposé entre les petits commerces et les ateliers des artisans. Mais le facteur principal reste l’exacerbation de la pauvreté qui favorise la démission des parents. Le recrutement des jeunes enseignants sans formation et dépourvus d’éthique professionnelle et l’utilisation abusive des technologies de l’information chez les jeunes sont aussi indexés parmi les causes. Quant à la crise des valeurs morales qui prend de plus en plus d’ampleur, elle est illustrée par la tenue provocante des filles et la fréquentation des lieux de libertinage (plages, boites de nuit, etc.). En somme autant de causes devenues source de problème social et qui menacent les fondements moraux de la société.
Auparavant Abdoul Aziz Mandiang, le coordonnateur dudit Projet au niveau de l’Asbef a fait une présentation du projet dont l’objectif est de réduire l’ampleur de ce fléau en milieu scolaire. Autant de plaidoyers avec des thématiques sur la santé de la reproduction, la formations des parents, des IA, sans compter une pétition qui sera adressée au ministère de l’Education nationale d’ici le mois de décembre. Et le responsable du projet de rappeler que 1620 femmes meurent en couche chaque année et les jeunes filles en sont les principales victimes.
D’autres intervenants ont pris la parole à l’occasion de cette journée pour décrier le fort taux de grossesses précoce en milieu scolaire qu’ils considère comme excessif, avant d’inviter les directeurs des établissements scolaires à veiller sur le port vestimentaire des élèves et l’état de légiférer sur l’uniformisation des tenues scolaires.
Le projet vise à réduire de manière drastique la prévalence des grossesses précoces chez les élèves de 12 à 16 ans d’au moins de 25 % par l’adoption de mesures adéquates par le ministère de l’Education Nationale en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’action sociale.
Cheikh T . MBENGUE

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