L’Afrique compte actuellement 15 % de la population mondiale et 25 % de la charge globale de morbidité, alors qu’elle n’est à l’origine que de 2 % des résultats de la recherche scientifique au niveau mondial. Elle ne compte que 79 scientifiques et ingénieurs par million d’habitants contre 168 au Brésil, 2 457 en Europe et 4 103 aux États-Unis). Ses infrastructures insuffisantes contribuent à ces faibles résultats en matière de recherche.
La fondation Wellcome Trust et l’Alliance pour l’accélération de l’excellence dans le domaine des sciences en Afrique (Alliance for Accelerating Excellence Science in Africa) entendent combler ce gap en allouant un soutien important à des équipes de recherche en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Sénégal et en Ouganda pour mener des recherches d’envergure internationale dans le domaine de la santé et pour former la prochaine génération de scientifiques du continent.
La fondation Wellcome Trust a alloué 21 millions de livres, environ 26 millions d’euros ou 17 milliards de nos francs, supplémentaires à l’initiative DELTAS Africa, destinée à améliorer la santé en Afrique en menant des recherches en lien avec les problèmes régionaux les plus pressants. Les quatre nouveaux programmes de recherche traiteront un certain nombre de besoins en matière de santé tels que l’émergence des maladies infectieuses, la santé néonatale, la santé de la population ou encore l’éradication du paludisme.
Ces quatre programmes ont pour objectif la formation de la prochaine génération de chercheurs grâce à des programmes faisant la promotion des femmes dans le domaine des sciences, créant de nouvelles possibilités pour les candidats au Master, au doctorat et au post-doctorat et assurant leur tutorat.
Le programme DELTAS Africa a financé 11 équipes de recherches africaines, soit un investissement total de 60 millions de livres (environ 100 millions de dollars américains, soit environ 76 millions d’euros), y compris l’investissement annoncé aujourd’hui, sur une période initiale de cinq ans.
LES LAUREATS DU PROGRAMME DELTAS AFRICA 2015:
• Pr Bassirou Bonfoh, Directeur du Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS), en Côte d’Ivoire. Ce centre se focalisera sur le concept ‘One Health’ (une seule santé), selon lequel la santé humaine et animale ainsi que l’environnement sont interconnectées, pour aborder les principaux défis liés à la santé des écosystèmes :
Pr Alex Ezeh, directeur exécutif du Centre de recherche africain sur la population et la santé (African Population and Health Research Center, APHRC), au Kenya, et Sharon Fonn, de l’Université du Witwatersrand, en Afrique du Sud. L’objectif de cette initiative, qui a débuté en 2007, est de former des diplômés pour mener des recherches pluridisciplinaires d’envergure internationale aux effets positifs sur la santé publique ;
Pr Oumar Gaye, de l’Université Cheikh Anta Diop, pour le « Développement des capacités de recherche sur le paludisme en Afrique de l’ouest et en Afrique centrale » (Malaria Research Capacity Development in West and Central Africa, MACARD). Une initiative destinée à proposer des bourses pour les doctorants et post-doctorants en début de carrière ou déjà établis dans les branches de la recherche concourant à l’éradication du paludisme, avec un accent particulier sur la promotion des femmes dans la recherche ;
• Pr Nelson Sewankambo, de la faculté des sciences médicales de l’Université Makerere, en Ouganda. L’objectif de cette initiative est de faire des universités d’Afrique de l’est des pôles de recherches sur les maladies infectieuses, les maladies tropicales négligées, les maladies du nouveau-né, la santé reproductive et les maladies non transmissibles.
Chacun de ces lauréats recevra 6,6 millions d’euros, soient quelques 4, 2 milliards de nos francs.
Parallèlement aux attributions du programme DELTAS Africa, 800 000 livres (environ 101 000 euros) ont été alloués au professeur Imelda Bates, de l’École de médecine tropicale de Liverpool (Liverpool School of Tropical Medicine), pour la direction du Projet de recherche sur les moyens d’apprentissage (Learning Research Project, LRP). L’objectif de ce projet est d’assurer l’apprentissage fondé sur la recherche, en s’appuyant sur l’initiative DELTAS Africa, pour déterminer les meilleurs moyens de former des chercheurs de stature internationale, d’apporter un soutien à leur carrière et à leurs collaborations et de promouvoir l’application des résultats de la recherche
DEUXIEME CONGRES DE LA SOCIETE AFRICAINE DE MEDECINE
Les internes africains en conclave de trois jours
Pendant trois jours, la seconde édition des assises de la société africaine de Médecine réunira les médecins africains internes des hôpitaux autour de la problématique de la prise en charge des maladies de système comme thème central avec les sous-thèmes :risque cardio-vasculaire dans la prise en charge des Maladies chroniques, grandes infections : nouveaux visages et prise en charge de la ménopause. 138 communications dont 48 par des médecins béninois, burkinabés, ivoiriens, gabonais, maliens, nigériens et togolais seront enregistrées à travers 15 sessions.
Autant dire que toute la pratique médicale à travers les hôpitaux du sud du Sahara qui seront passés en revue par les acteurs de la médecine interne. Lors de la cérémonie d’ouverture de ces importantes assises scientifiques présidées par Eva Marie Colle Seck ministre de la santé et de l’action sociale, l’enjeu de cette rencontre a été bien dégagé par le professeur Mamadou Mortala Kâ président du congrès qui a tenu à restituer cet évènement majeur dans le contexte africain.« Trop d’errances diagnostiques sont encore vécues par les patients et constatées à postériori dans les hôpitaux. Des explorations paracliniques sont encore effectuées de façon inopportune. Trop, de dépenses inutiles grèvent encore les budgets des ménages et des structures d’assurance et autres mutuelles de prise en charge. » Selon le président du congrés, ces revers sont hélas liés à la pratique d’un raisonnement médical parcellaire et biaisé par des connaissances pointues imposées par la surspécialisation, la non prise en compte habituelle du patient dans sa globalité ou simplement par le manque de maitrise de la démarche diagnostique. Pour revenir aux fondamentaux, les sociétés nationales de médecine interne et la société africaine de médecine interne ont de grands rôles à jouer, a-t-il fait remarquer. Ainsi les maladies complexes et de diagnostic difficile qui relèvent des compétences de l’interniste doivent faire l’objet de discussions entre spécialistes multidisciplinaires.
Présidente de la société sénégalaise de médecine interne et présidente d’honneur de la SAMI, le professeur Thérèse Moreira Diop a de son côté magnifié la tenue des assises de Dakar et lancé un appel aux autorités étatiques pour la résolution des problèmes que rencontrent les internistes et qu’elle a résumés à deux niveaux. D’abord renforcer l’effectif des internes en multipliant la formation par des bourses spécifiques et appliquer le tronc commun de 2 ans en médecine interne dans toutes les spécialités.
Quant au président de la société africaine de médecine interne le Pr Niamkey Ezani, il a mis en exergue toute la nécessité d’échanges interdisciplinaires entre spécialistes et adressé ses remerciements à tout le corps médical africain dont les ainés avaient vivement encouragé la création de cette société qui vient combler un g(rand vide dans la cadre des politiques sanitaires africaines.
En effet, après une longue gestation, dont les trois dernières années ont été les plus déterminantes, la société africaine de médecine est devenue cette réalité saluée par tous les professionnels de la santé en tant que cadre d’échanges des différentes expériences cliniques. Pour le congrès de Dakar qui prendra fin samedi, ce partage de la pratique est étendu aux pathologies auto immunes, les pathologies systémiques, rhumatismales et vasculaires, les grandes infections, le VIH sida, le diabète et les problèmes métaboliques, les pathologies digestives, nutritionnelles, gériatriques et endocriniennes et tous les motifs de santé publique, de qualité de vie et de médecine légale.
S.M.N

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