Pour accéder aux soins a l’hôpital Albert Royer

Le  chemin de croix des jeunes malades

En hôtesses indésirables qui accueillent les malades dans la grande salle de consultation, les moustiques y pullulent à longueur de journée accablant les malades âgés de 1 à 6 voire 10 ans et leurs accompagnants. Tout un calvaire pour certains qui peuvent poireauter pendant 5 heures pour accéder enfin à l’un  des deux médecins de service. Un véritable chemin de croix qu’il faut endurer en prenant son mal en patience avant de faire face au toubib.

En ces périodes de maladies hivernales, ce sont les enfants qui en souffrent de plus. Pour preuve, à l’hôpital Albert Royer de Fann spécialisé en pathologies des enfants, le rythme d’évacuation des jeunes malades  par taxi ou en véhicule particulier est ininterrompu. Chaleureusement enveloppés dans les bras de leurs parents, pour ces enfants qui débarquent en urgence, la souffrance n’est pas aussitôt atténuée, car pour se faire recevoir par le médecin, il faudra attendre. Pour les parents qui rongent leur patience à longueur d’attente, la souffrance du petit est partagée. Car il faudra encore poireauter après avoir rempli les formalités administratives sans difficultés. Dans la salle d’attente, ils peuvent passer cinq, six voire sept heures pour enfin recevoir les soins. Il revient dès lors à chaque parent  de s’occuper pour tuer le temps en gérant à sa manière le mal implacable dont souffre son enfant. Une des mamans de plus en plus angoissées au fils des heures confie être là depuis 17 heures, mais soutient-elle, mais n’a vu le médecin  qu’à 21 heures 30. Pendant ce temps, d’autres accompagnants en situation d’alerte font les cent pas devant les bureaux des deux médecins de service. D’autres, plus patients, préfèrent se visser sur les chaises de la salle d’attente à défaut d’intervenant pour hâter leur cas.  Pendant ce temps le calvaire continuent sous le règne des innombrables  moustiques qui essaiment sur les lieux. 

Interrogés sur la situation déplorable, un des agents de l’hôpital fait remarquer qu’il y’a assez de médecins le matin, mais dans l’après-midi seuls deux ou trois sont mobilisés au service d’urgence. Et notre interlocuteur d’ajouter que souvent l’un des médecins peut être sollicité en urgence auprès de malades hospitalisés. Ce qui impacte négativement sur les nombreux autres malades  en attente. 

Des syndicalistes interrogés soutiennent pour leur part que l’augmentation des effectifs du service d’accueil de cet hôpital devient une nécessité pour faire face à la forte demande en cette période  hivernale. L’hôpital pour enfants de Diamniadio n’étant pas encore équipé entièrement est excentré par rapport aux quartiers situés au cœur de la capitale. Les populations peinent à y parvenir au moment où l’urgence se pose pour un enfant A Albert Royer qui est pour le moment la structure de référence, il s’agit dans tous les cas de résorber le déficit de spécialistes les après-midi quand on sait que de nos jours, la plupart des praticiens  sont écartelés entre les structures publiques le matin et les cabinets  privés les après-midi.  

Deux vacataires en renfort
Réagissant sur la longue file d’attente des enfants malades évacués à Albert Royer, le directeur général de cet établissement public de santé a laissé entendre qu’en cette période de maladies hivernales, le nombre de malades ne cesse d’augmenter. Et pour faire face à ce rush, deux médecins vacataires ont été recrutés en renfort a ajouté le premier responsable de cet hôpital. Il fera remarquer en outre que par rapport à la gestion des urgences de ces enfants, ce n’est pas à l’accompagnant du malade de la déterminer mais au médecin.

Cheikh Tidiane MBENGUE
(avec Sudonline)