Pour l’application de la loi sur la santé de la reproduction votée en 2005

Le réseau Siggil Jigeen propose  un projet de décret au ministre

Le  réseau Siggil Jigeen a déposé hier au ministère de la Santé et de l’Action sociale une proposition de décret d’application de la loi n° 2005-18 portant sur la santé de la reproduction et votée depuis le 5 Août 2005 par l’Assemblée nationale. En proposant au ministre de la santé un projet de décret d’application rédigé par une coalition de la société civile, le réseau Siggil Jigeen entend pousser l’Etat du Sénégal à mettre en œuvre l’application de cette législation qui dort  dans les tiroirs depuis plus d’une décennie. 
Face aux engagements du Sénégal en politique de la santé reproductive dans l’augmentation de la prévalence contraceptive et la réduction drastique de la mortalité maternelle et néonatale, une loi avait été votée en 2005. Approuvée par tous les acteurs, la loi a été ensuite gardée dans les tiroirs depuis lors.  Contre ce blocage inexpliqué, le réseau Siggil Jigeen, a décidé de monter au créneau. En relation avec toute une convergence des organisations de la société civile et des partenaires de la santé de reproduction, le réseau a remis, hier jeudi, au directeur de cabinet du ministre de la santé un projet de décret pour son application dans les plus brefs délais. Selon sa présidente Safiétou Diop Fall jointe au téléphone, comme toute loi après vote de l’assemblée, elle doit être suivie d’un décret d’application. Or depuis 2005, la loi 2005-18 portant sur la santé de la reproduction  n’est toujours pas promulguée.

Pour un cadre juridique adéquat
« Puisque le Sénégal s’est engagé à porter son taux de couverture contraceptive à 45 % d’ici 2020, il sera difficile d’atteindre ces résultats, si cette loi n’est pas appliquée». A fait observer la présidente qui précise qu’en tant que mouvement de femmes, le réseau Siggil Jigeen a pu cerner tous les goulots d’étranglement qui font que le Sénégal ne pourra pas progresser sans pour autant disposer d’un cadre juridique adéquat en matière de santé de la reproduction. « C’est pour mettre fin à l’attentisme de l’exécutif que tous les acteurs concernés par cette situation ont rédigé un projet de décret d’application qui a été officiellement remis hier au directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’action sociale. »  Renseigne Mme S. Diop Fall qui  rassure  que toute la pyramide sanitaire du pays a été revisitée pour une harmonisation de bas en haut des questions de la santé de la reproduction.  Il en est de même pour la formation des agents, le profil du personnel communautaire et  les prestataires de services. Bref, tout un ensemble de dispositions qui devra permettre aux populations d’accéder plus facilement à la planification familiale. « Nous savons que l’Etat a faillit depuis 10 ans et c’est pour cela qu’en tant que mouvement de femmes, nous avons décidé de réagir pour l’accompagner et enfin faire avancer les choses dans ce domaine et que plus aucune femme ne meurt en donnant la vie d’ici 2030 ».  A-t-elle conclu en se disant  optimiste  quant à la suite qui sera réservée à cette démarche.

Cheikh Tidiane MBENGUE
(avec Sudonline)