Dans l’objectif de mettre fin à l’épidémie du Sida d’ici 2030, toute une stratégie continue d’être déroulée au Sénégal. Le tournant décisif de cette offensive nationale vient d’être franchi par l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan à mi-parcours capable de booster le programme en cours et dont la réussite permettra de venir à bout de cette pandémie dans un avenir proche. Le plan stratégique 2014 - 2017 concocté par le Comité National de Lutte contre le Sida (Cnls) devra contribuer de manière déterminante à l’éradication du fléau. Il investit tous les domaines susceptibles de renforcer le contrôle de la maladie, de stopper sa transmission et d’annuler sa prévalence au sein des couches les plus exposées de la société.
En d’autres termes il s’agit de réduire à l’horizon 2017 au moins de moitié les nouvelles infections, de faire baisser les décès et d’améliorer la qualité de vie des personnes infectées et au-delà de leurs familles et entourage. En faisant l’état des lieux, cinq régions ont particulièrement retenu l’attention des concepteurs du plan en raison des taux de prévalence affichés au-dessus de la moyenne nationale et « des déterminants contextuels de vulnérabilité» : Kolda, Sedhiou, Ziguinchor, Kédougou et Tambacounda. En plus de ces zones prioritaires dans la riposte généralisée, les cibles bien identifiées ont été sériées. Ainsi les populations les plus exposées que sont les professionnelles du sexe, les hommes ayant des rapports dits de contre nature c’est à dire avec d’autres hommes et les consommateurs de drogues injectables. Toujours dans les contextes de vulnérabilité, sont indexés les populations des zones frontalières, les travailleurs à mobilité interurbaine tels les forces de sécurité, les routiers, les migrants, pêcheurs et orpailleurs. Il s’y ajoute les détenus, handicapés et populations vivant dans les zones touristiques. Ainsi les jeunes de 15 à 24 ans, tout comme les femmes de 15 à 49 ans.
Pas de nouvelle infection, Ni décès et Point de stigmatisation
NOUVELLES STRATEGIES DE LUTTE
Pour cerner et réduire tous les facteurs de risque, il s’agit de miser d’abord sur une communication tous azimuts et dont l’impact se traduit par un changement de comportement à risque.
Cette communication sans exclusive sera tout aussi axée sur la promotion éducatives et de sensibilisation pour optimiser l’accès et l’utilisation des préservatifs notamment par les personnes les plus exposées. Le conseil et la multiplication volontaire du dépistage. La prise en charge des maladies sexuellement transmissibles (Mst). Plusieurs autres créneaux spécifiques sont concernés par ce ciblage conséquent visant à atteindre au moins 85% des populations clés les plus exposées. En termes de résultats, pas moins de 50% des nouvelles infections seront évitées.
Représentant quelques 20% de la population la tranche d’âge des jeunes entre 15 et 24 ans sont par ailleurs soumis à un environnement économique difficile. En plus du déficit d’informations sur les périls encourus, les jeunes filles de plus en plus portées vers la prostitution clandestine doivent faire l’objet d’une campagne continuelle. Pour cela les thématiques du Vih, de la santé sexuelle et reproductive, les violences basées sur le genre doivent être intégrées dans le curricula de formation du système scolaire.
En préconisant qu’au moins 60% des personnes atteintes de maladies sexuellement transmissibles soient pris en charge par les établissements sanitaires d’ici 2017. Ainsi, l’approche syndromique sera renforcée pour la population dans toutes les structures de santé publiques et parapubliques.
Il est également envisagé dans la batterie de mesures stratégiques de permettre à un maximum de sénégalais de se faire dépister. Cette approche préventive visera en priorité les populations en contexte de vulnérabilité par des campagnes ponctuelles qui incluent la promotion du dépistage en couple.
Concernant le sang proprement dit, il faut saluer qu’au Sénégal, aucun cas de transmission par transfusion sanguine n’a été noté. Cet acquis à renforcer a conduit le CNLS à faire prendre des dispositifs spéciaux dans ce domaine avec le Centre national de transfusion sanguine.
PREVENTION DE LA TRANSMISSION SEXUELLE DU VIH
Des défis multiples à relever
L’objectif de réduction drastique de la transmission ne se fera que par le biais d’une communication efficace qui appelle à relever plusieurs défis. Pour un véritable changement de comportement, il faudrait par exemple reposer la prévention sur des programmes et des interventions bien planifiés.
Certains groupes bien identifiés dans leur exposition naturels, professionnels ou géographiques devraient être ciblés en particulier avec des programmes exclusifs. La prise en charge des Mst auprès des services sanitaires demande à étendre le renforcement des capacités et le recyclage du personnel de santé. Le secteur privé devra être davantage impliqué dans la prise en charge des Mst, entre autres mesures. L’équation des professionnelles du sexe interpelle par ailleurs la prise de décisions ponctuelles dont la réactualisation de la loi régissant cette pratique à la fois officielle et clandestine dont la réglementation est devenue obsolète. Les hommes qui entretiennent des rapports avec d’autres hommes ne doivent non plus être occultés et des interventions en profondeur.
Les défis à relever concernent surtout les consommateurs de drogues injectables. Ceux là qui deviennent de plus en plus nombreux gagneraient à bénéficier d’activités de plaidoyer pour une meilleure approche et un ciblage plus conséquent. Quant à la promotion et l’utilisation des préservatifs qui constituent le nerf de la guerre dans le paquet des instruments de prévention, le double défi reste leur disponibilité régulière et leur utilisation correcte tant pour le dépistage volontaire que pour la prévention par la transfusion sanguine, la transmission mère enfant et la prise en charge global de personnes vinant avec le Vih, le plan stratégique a criblé tous les aspects de manière pointilleuse ne laissant la place à aucune faille.
Sidy Mohamed NDIAYE

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