Entretien avec…

DR ABOUBACAR INOUA, REPRESENTANT DU BUREAU OMS DU GABON

« Ce qui a été un point faible, c’est que beaucoup ont cru que HHA était une initiative nouvelle »
Représentant du directeur de l’agence du Gabon lors de la 8e réunion annuelle des directeurs régionaux de HHA, le Dr Aboubacar Inoua a été l’un des quatre panélistes ayant présenté une communication devant leurs confrères et le secrétariat réuni à Dakar. Interpellé sur les défis du mécanisme HHA, le Dr a bien voulu répondre aux questions d’Afrikasante. 

Afrikasante : Dr Inoua vous venez de faire une séduisante communication devant vos collègues panélistes concernant la situation de HHA au Gabon. Pouvez-vous revenir sur les défis qu’il vous reste à relever six ans après la mise en place du mécanisme HHA ?  

Dr Aboubacar Inoua : Nous avons surtout voulu partager avec les directeurs régionaux, les défis qu’il y a au niveau des pays. Le premier défi important c’est la communication. Il faut qu’on améliore notre communication pour nous faire connaître auprès des gouvernements et auprès des autres partenaires. Le deuxième défi qui est important, c’est la valeur ajoutée. Il existe un certain nombre d’outils et de mécanismes (alors),  qu’est-ce que HHA apporte en plus. Et là, je pense qu’il faut véritablement que nous insistions là-dessus : HHA apporte, en plus, l’harmonisation des interventions pour aider les gouvernements à accélérer l’atteinte des OMD, permettre aux pays de renforcer leurs système de santé. Donc notre valeur ajoutée c’est sur cette harmonisation pour aligner nos interventions sur les priorités du pays. Mais l’autre élément fort que HHA apporte, c’est de renforcer le leadership des gouvernements. Je pense que les gouvernements se plaignent du fait qu’il y a trop d’initiatives, trop d’intervenants, trop d’acteurs dans le secteur de la santé. Donc, la réaction de ce mécanisme depuis 2006, c’est de dire, nous allons harmoniser tout cela pour que les gouvernements aient une lisibilité et que l’appui des partenaires puissent aider à aider les OMD.

Depuis 2006 les gouvernements ont-il véritablement senti cette valeur ajoutée de HHA dans le secteur de la santé ?   

Je crois que vous avez suivi l’exemple des quatre pays (bureaux de l’OMS au Gabon, du FNUAP au Mozambique, de l’UNICEF au Kenya et de l’ONUSIDA en Mauritanie) qui étaient là. Il y en a beaucoup d’autres où effectivement les gouvernements commencent à sentir que le fait que les partenaires aient des approches harmonisées les aide beaucoup plus. Et il y a vraiment une optimisation des ressources de ces partenaires. Je crois que c’est une demande des gouvernements. Ce que nous faisons dans ce mécanisme (HHA) c’est de dire comment les aider à tout cela. Il faut rappeler que HHA c’est plus d’une dizaine d’agences bilatérales, multilatérales qui se sont mis ensemble pour harmoniser et coordonner leurs interventions pour aider les pays. C’est quelque chose de novateur qu’il faut poursuivre. 

Alors, autant dire que les Etats n’ont pas besoin d’avoir peur de cet organisme qui ne sera pas qu’une initiative de trop ?

 HHA n’est pas un organisme, c’est un mécanisme. Il ne vient pas en concurrence mais plutôt pour fédérer tout ce qui existe, pour harmoniser et une lisibilité des interventions des partenaires qui doivent absolument s’aligner sur les priorités du pays. Le directeur régional de l’OMS a résumé la situation. Nous sommes là pour aider à la mise en œuvre de la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide. Et, c’est cela la grande mission de HHA. 

Alors si le défi de l’information est relevé, l’on peut espérer que HHA ira loin dans l’accomplissement de cette mission ? 

Je crois qu’avec l’appui des médias et des communications – vous avez entendu le directeur parler d’une stratégie de communication – nous y arriverons. Parce que ce qui a été très souvent un point faible, c’est que beaucoup ont cru qu’il s’agissait d’une initiative nouvelle. Ils n’ont pas compris l’enjeu. Mais ce qui est réconfortant aujourd’hui, c’est que beaucoup de gouvernements comprennent ce qu’est HHA et ils sont tous demandeurs pour que HHA s’implique.  
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