Grande offensive de pré-élimination du paludisme

8 169 326   Milda pour 80% des couchages

La lutte contre le paludisme vient de franchir un palier décisif au Sénégal. En procédant à une distribution gratuite et généralisée de moustiquaires imprégnées à travers tout le territoire national,  le ministère de la santé et de l’action sociale a décidé de terrasser le monstre et passer ensuite à sa liquidation complète. Cette opération de couverture sanitaire préventive est la première d’une telle envergure menée dans notre pays pour éradiquer cette pandémie qui a touché 214  millions de personnes à travers le monde et dont 90% des décès sont enregistrés au sud du Sahara. Le Sénégal déjà hissé en référence par l’efficacité de son Programme, s’inscrit ainsi résolument dans la pré élimination d’ici 2020.

Pour mieux apprécier la portée de l’initiative sénégalaise de couvrir au moins 80% des couchages avec quelques 8 169 326 moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda) qui seront distribuées à travers les 14 régions du pays, il faudra remonter plus loin lorsque cette maladie constituait la première cause de consultation et la principale cause des décès au sein de la population. Après avoir longtemps décimé en masse les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, le paludisme hissé en problème prioritaire de santé publique fit l’objet d’un programme spécial dont la riposte fut implacable au fil des années. C’est ainsi qu’entre 2000 et 2015,  la prévalence de la maladie a reculé de 65%  et sa morbidité de 70%.

En traquant le mal dans les zones les plus excentrées et sous toutes les formes de thérapies existantes, la lutte  contre le paludisme a surtout mis  les atouts de la prévention de son côté. Il s’agit de rompre la chaine de transmission d’abord par la promotion et l’accessibilité aux moustiquaires imprégnées d’un puissant insecticide à effet durable.  Ainsi, de 2002 à 2009, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5ans ont été ciblés. De 2010 à 2014, des groupes sociaux et  zones  visés à travers  une campagne universelle déclinée en phases. Malgré tous ces efforts, seule  la moitié de la population (52%) dort sous la protection d’une moustiquaire selon l’enquête démographique et de santé de 2014.
Dés lors, le nouveau plan stratégique 2016-2020 a mis les bouchées doubles pour atteindre la couverture universelle au maximum.

LE SENEGAL A L’AVANT-GARDE
Impulsé par l’ambitieux plan d’action mondial  Rock Back Malaria, le Sénégal a réussi des avancées spectaculaires dans la lutte contre le paludisme. Aux yeux de plusieurs partenaires internationaux, l’efficacité de son programme est citée en référence stratégique. C’est ce qui vient de lui valoir le prix de la meilleure performance dans le contrôle du paludisme entre 2011 et 2015 décerné par l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme qui réunit 49 chefs d’états africains. C’est fort de ses résultats que le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) est passé au palier supérieur de  pré élimination d’ici 2020 et son éradication  à l’horizon 2030.  

En dotant au moins  80%  des couchages en moustiquaires imprégnées pour une durée de trois ans, le Sénégal envisage de créer une rupture radicale avec le vecteur et enrayer la transmission sur l’ensemble du territoire. Mais tout l’enjeu de réussite de cette stratégie reposera sur l’observation stricte des recommandations par tous les usagers. Dormir toute la nuit, tous les jours et toute l’année tel est le slogan véhiculé durant cette campagne décisive dans la lutte contre cette maladie qu’il faudra vaincre définitivement.

 Sidy Mohamed NDIAYE