Planification familiale en Afrique de l’Ouest

Echos du partenariat de Ouagadougou

COTE D'IVOIRE 
Avec une démographie galopante  (42% de la population a moins de 15 ans), une fécondité assez élevée (environ 5 enfants/femme), la Côte d’Ivoire s’est lancée comme défi  de passer de 14% de taux de prévalence contraceptive (TPC) à 36% d’ici 2020, soit un bond de 22% en 4 ans. Le gouvernement ivoirien a inscrit 400 millions de FCFA dans son budget pour l’acquisition de produits contraceptifs en vue de renforcer l’accès aux services de PF. L’évaluation des progrès dans la mise en œuvre des engagements et du plan d’action de la Planification Familiale a été positive. Les Organisations de la Société Civile ivoirienne (OSC), qui sont très impliquées dans le repositionnement de la planification familiale, ont tenu leur pari. La Coalition de la société civile ivoirienne a été créée le 15 avril 2016, à Abidjan.

Défis et priorités majeurs : Les priorités sont nombreuses mais clairement définies: renforcer la création de la demande et l’accès aux services de PF; intégrer la PF à tous les points de contact du client; mobiliser des ressources pour l’achat et le stockage des produits contraceptifs; assurer la gratuité du service de planification familiale, avec le respect de la segmentation du marché; faire la promotion et la distribution à base communautaire à l’échelle nationale; renforcer la capacités des prestataires de service pour l’amélioration de la qualité des services de PF et renforcer la disponibilité et la qualité des données.
Recommandations : A l'issue de la visite de travail en Cote d'ivoire, des recommandations importantes ont été faites à savoir: l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de suivi et évaluation, l'élaboration du rapport FP2020 de l’année 2016; l'élaboration de la loi sur la SSR; la mise à échelle de la stratégie communautaire; le renforcement de la multi sectorialité et la participation du secteur privé. 

L'accent a aussi été mis sur la nécessité: d'assurer la disponibilité continue des produits contraceptifs et le renforcement de capacité pour la gestion des données; de mise en œuvre du PMA2020 avec la mise à disponibilité des indicateurs clés de la PF. Finalement, l’une des ambitions les plus importantes c’est de mettre en exergue la délégation des tâches avec la définition du véritable rôle de l’agent de santé communautaire.


GUINEE CONAKRY 
Dans un contexte caractérisé par l’épidémie Ebola, la Guinée est dans une phase de reconstruction avec une prise de conscience de l’importance de renforcer le système de santé, mais aussi et surtout d'une meilleure prise en compte de la santé maternelle et infantile et particulièrement de la planification familiale. Cette volonté de réorganisation du système sanitaire s'est accompagnée non seulement par une intégration de la PF dans le  nouveau Plan National de Développement, mais aussi par la mise en place de vastes campagnes nationales de planification familiales tant au niveau central qu’au niveau périphérique; surtout avec l’appui de l’UNFPA et l’USAID qui ont entièrement financés l’achat et la distribution des produits contraceptifs.

Défis et priorités majeurs : Ils ont tournés autour d'une meilleure implication du gouvernement  dans le système d’approvisionnement en produits contraceptifs qui reste très faible, une meilleure maîtrise de la collecte et de la gestion des données au niveau central, un renforcement de l’offre et de la demande en produits et méthodes contraceptives.

Recommandations : Les différentes rencontres avec les parties prenantes ont permis de mettre en avant un certain nombre de recommandations qui vont être centrées sur une meilleure implication de l’ensemble des acteurs. Les recommandations clés sont: une augmentation de la ligne budgétaire de la santé pour l’achat et  le stockage des produits, contraceptifs , un renforcement du personnel de santé, mais surtout la mise en place d'une campagne marketing adaptée  à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, un meilleur suivi de la mise en œuvre du plan d’action avec une meilleure maîtrise du système de gestion logistique et  de la chaîne d’approvisionnement ; un renforcement du système de suivi évaluation des indicateurs et du processus de remontée des informations.





TOGO
Dans un pays où la population est constituée à 60% de moins de 20 ans et  à 51,4% de femmes, la prise en charge de la santé maternelle et infantile demeure  une grande priorité pour le gouvernement du Togo. Des progrès importants ont été notés en matière de PF, notamment  une révision de la Politique Nationale des interventions à base communautaire; une élaboration des textes d’application de la loi SR en rapport avec la PF ; la mise en œuvre de stratégies et approches novatrices (cliniques mobiles, distribution à base communautaire , stratégies mobiles avancées ); la formation et  l’équipement en offre et produits de services PF; mais aussi et surtout un plaidoyer fort en direction de l’Etat pour le financement de la PF avec un positionnement de 100 000 000 F CFA qui vont servir à l’achat des produits contraceptifs pour l’année 2016.

Défis et priorités majeurs : Ils sont essentiellement: une meilleure coordination des activités au niveau périphérique et central, un suivi et un passage à l’échelle des stratégies et approches novatrices en terme d’offres de services, une disponibilité des produits et services PF avec un accès à toutes les méthodes de PF, et une mise en place d’un plan de financement des produits contraceptifs.
Ces trois visites de travail ont permis de mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des plans d’action PF et de renforcer la collaboration entre les pays et les bailleurs en vue d’une meilleure prise en charge des priorités des plans d’action.


PRODUCTION MEDIATIQUE SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE Deuxième Concours

LES LAUREATS :

1er Prix presse écrite :
Koumia Alassane Karama du quotidien «Sidwaya» du Burkina Faso pour son article «Droit à la planification familiale: L’otage d’un environnement pro-nataliste 

1er Prix radio
Makéba Tchibozo de radio Planète du Bénin pour son émission 
«Galiel ou la cité des grossesses non désirées»

Les 2è prix
- Mme Patricia Adjisseku de la radio Canal FM de Lomé (Togo) pour son émission «la planification familiale et les besoins non satisfaits chez les hommes» 
- M. Gaspard Bayala du journal quotidien « Sidwaya » (Burkina Faso). Pour son article  «Sayana Press, le contraceptif qui révolutionne les conditions de vie»
- Rassemblés par S.M.N


SENEGAL
 La santé oculaire va mal
La journée mondiale de la vue célébrée le 08 octobre dernier  a permis de passer de diagnostiquer le regard à travers le monde, mais surtout de passer en revue clinique l’œil des Sénégalais  fortement menacé par le brouillard d’une politique sanitaire qui marginalise la santé de cet organe central. En effet, si l’on estime à quelques 165 000 les personnes qui ont perdu la vue, il faut en ajouter près de 500 000 mal voyants sans compter tous ceux, innombrables, qui  trainent des baisses de visibilité.
Même si les maladies liées à l’œil ne tuent pas, elles sont handicapantes notamment pour les personnes en âge d’activité. Dépendance, mendicité, exclusion sociale résument les travers  endurés par les aveugles pour le restant de leur vie. Au Sénégal, la prévalence de la cécité indexée à 1,42% pour une population de plus de 16 millions d’âmes rapporte quelques 165 000 non-voyants. A cette estimation minimale s’ajoute un demi-million de mal voyant.  Pourtant comme partout en Afrique au sud du Sahara, ce mal pouvait être évité ou guéri. Mais comme l’a avoué le Pr Boubacar Sarr face à la presse, il faut déplorer la couverture déficiente en soins oculaires et sa très faible fourniture au niveau des postes de santé.

DIAGNOSTIC SANS COMPLAISANCE
Au premier plan de ce déficit en soins oculaires, la rareté des ophtalmologistes, 61 au total dont 35 dans le public et 26 dans le privé. On dénombre 126 techniciens supérieurs dont 26 opérateurs de cataracte. En plus de cette  faiblesse des ressources humaines, sa mauvaise répartition fait que 81% de ces spécialistes exercent à Dakar laissant en rade 9 régions sur les 14. Par ailleurs, il n’existe pas au Sénégal les autres catégories professionnelles comme les réfractionnistes et les techniciens de basse vision à l’instar des pays anglo-saxons.Ce qui expliquerait que les malades sénégalais des régions voisines de la Gambie se tournent vers ce pays dont l’accès aux soins est de moindre coût. La faible implication au niveau primaire et communautaire, l’indisponibilité et l’inaccessibilité aux médicaments essentiels, l’absence de maintenance des équipements et infrastructures sont quelques points faibles reconnus. Quant au budget alloué à la santé de l’œil, il n’est que de 8 000 000 CFA. Un scandale !
PLAN NATIONAL VISION 2020
Ces insuffisances ont interpellé les autorités sanitaires qui ont mis en plan un plan national de santé oculaire (vision 2020). Il s’agira parmi les mesures de redressement de décentraliser certaines prestations au niveau des districts dont la chirurgie de la cataracte et la formation d’agents de santé spécialisés. D’autres mesures urgentes ont été recommandées. Elles portent notamment sur le recrutement et le déploiement d’ophtalmologues dans les régions et leur accompagnement structurel. 

LE CASSE-TETE DES  PATHOLOGIES
La cataracte et le trachome constituent  les principales pathologies  qui affectent les yeux des sénégalais. De 2000 à 2013, le nombre de cas à opérer  pour la cataracte est passée de 29 525 à 40 700 dont seulement 12 068 ont pu l’être. 5176  porteurs de trachome  ont pu  également être opérés sur 5500 demandes. Les couvertures thérapeutiques à l’azithromycine concernent 80 à 85 des malades. L’insuffisance des infrastructures est réelle avec un centre secondaire pour 611 500 alors que les normes de l’OMS  l’établissent pour 250 000 habitants.

Sidy Mohamed NDIAYE