Protocole pour l’élimination du commerce illicite des produits du tabac

Un atelier régional pour étendre la ratification

La grande offensive internationale contre le tabagisme  élargit la coalition des pays africains contre ce fléau mondial. Chaque année, le tabac tue plus de 6 millions de personnes dans le monde dont plus de 600 000 de non-fumeurs.  Les produits du tabac sont  facteurs de maladies mortelles (cancers multiples, maladies vasculaires, infections respiratoires etc.),   dont le traitement pèse lourdement sur les budgets des ménages et des pays  Il entraine en Afrique une baisse de la productivité et de revenus. Le Bureau régional de l’Organisation  Mondiale de la Santé(OMS) indique en 2014 que 94 millions (21%) d’hommes et 12 millions (3%) de femmes parmi la population de la région africaine consomment des produits du tabac. De quoi tirer une fois de plus sur la sonnette d’alarme pour appeler les gouvernements à réagir énergiquement en ratifiant le protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac approuvé à Séoul en 2012 et signé par 58 par dont seuls 11 l’ont ratifié. Parmi ces dernier, deux pays africains : le Congo et le Gabon.

L’objectif stratégique de l’atelier de trois jours que Dakar abrite du 18 au 20 novembre et qui regroupe 8 pays se veut un tournant décisif pour élargir et renforcer la coalition contre le commerce illicite des produits tabagiques. Des responsables et décideurs de 8 pays africains : Bénin, Cameroun, Ghana, Nigéria, Sénégal, Sierra Léone, Tchad, et Zimbabwe encadrés par les organisations sous régionales se concertent sous la direction de l’OMS pour amener tous ces états à ratifier le protocole et envisager des mesures à mettre en œuvre pour éradiquer le phénomène à l’échelle globale. 

En illustrant la situation préoccupante par le cas du Sénégal, le docteur Françoise Bigirirama représentant résidente de L’Oms a révélé que près d’un demi-million d’adultes fument des cigarettes et un autre demi-million utilisent des produits du tabac conduisant 32% de la population à êtres des victimes du tabagisme. « Le commerce illicite des produits du tabac constitue une véritable menace pour la santé publique…Il provoque également des pertes fiscales importantes et contribue à financer des activités criminelles transnationales. Les répercussions négatives sont donc énormes sur la santé de nos populations, sur l’économie, et la sécurité notamment dans notre région africaine.»

Après avoir dépeint le tableau inquiétant du tabagisme, la représentante de l’OMS a souligné la nécessité de ratifier le protocole qui constitue un instrument  international pour enrayer le phénomène à l’échelle des états.« Cela permettra de trouver ensemble un cadre d’échange des informations  et des renseignements et de mener des actions conjointes. » A poursuivi Mme Bigirirama qui explique que les pays ratifiant pourront ainsi mettre en place des mesures visant à contrôler efficacement la chaine d’approvisionnement.

Il reviendra ensuite au représentant du ministre de la santé et de l’action sociale de reconnaitre l’ampleur du mal par une très forte progression du tabagisme dans les pays les plus pauvres particulièrement dans les pays de l’Afrique subsaharienne. «  L’enjeu est de taille car il s’agit de sauver la vie de millions de personnes », a ajouté le porte-parole du gouvernement sénégalais. A l’intention des experts réunis pour plancher sur la question, elle a assuré que « les propositions  de l’atelier seront examinées avec la plus grande attention dans le cadre du processus de ratification du protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac.» L’atelier vise à équiper les acteurs gouvernementaux pour ratifier et mettre en œuvre le protocole.

Sidy Mohamed NDIAYE